04.02.2009
Entre mairie et journalistes : amours contrariées ?
Lors de la cérémonie des voeux qui s’est déroulée en janvier dernier, Martine Aubry, maire de la ville de Lille et première secrétaire du Parti socialiste, rappelait combien « l’environnement rend de plus en plus difficile l’indépendance de la presse » et combien les journalistes sont importants dans le maintient d’une démocratie. Pourtant, celle qui est surnommée « la dame de fer » par certains de ses pairs n’apprécie guère la compagnie des journalistes.
Un arsenal complet de maîtres es communication entourent la locataire de l’Hôtel de Ville. Le service communication de la mairie de Lille déploie ses compétences sur papier et sur le net. Un espace rajeuni depuis 2007 après deux ans de travail, la nouvelle version du site de la mairie propose différentes rubriques aux citoyens. Un espace est en plus dédié à la presse. Par un lien mis en exergue, l’utilisateur accède à une page réservée pour laquelle un login est nécessaire. Il suffit de l’obtenir en envoyant un mail à la mairie.
Espace réservé mais « ouvert à qui en a besoin », on y trouve des « dossiers plus fouillés », avec des éléments destinés aux professionnels de la presse. A en croire la démarche, chiffres et détails techniques ne semblent pas être faits pour le simple citoyen. Si les localiers de la Voix du Nord et de Nord Eclair sont les bienvenus et ont des relations privilégiées par des news qui leurs sont spécifiques, d’autres sont laissés de côté.
Du côté de la mairie, on vente les mérites du service communication comme étant un complément d’information ou mieux, comme ont pour habitude de dire les journalistes, un lieu de “confrontation des sources.” Persuadé du réflexe journalistique, Maxime Morel voit dans les 140 demandes de login faites en un an, une grosse affluence sur l’espace réservé. Avec la quantité de localiers des quotidiens et hebdomadaires régionaux concentrée dans le département du Nord, ne faut-il pas y voir plutôt un désintérêt pour ce service ?
Aurélie Hochard.
Maxime Morel est le responsable du pôle internet. Recruté en 2005 avec une maîtrise de sciences de l’information et de la communication, il a été embauché pour redonner un coup de neuf au site internet de la ville de Lille.
Si les utilisateurs premiers, selon lui, sont les journalistes, on trouve, parmi les utilisateurs des étudiants journalistes, des énarques ou encore des thésards. Maxime Morel est optimiste et reste dans les rangs d’un discours bien dicté par sa direction : les relations avec la presse, elles ne faiblissent pas. Tout va pour le mieux entre ces demoiselles Information et Communication.
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Un site survendeur?
Un service de communication via internet faciliterait les relations avec la presse. Des délais de réponse beaucoup plus rapides, des communiqués plus fréquents, une plus grande transparence… L’offre est alléchante, mais internet a-t-il réellement changé les rapports parfois difficiles entre mairie et presse ? Rencontre avec l’équipe de La Brique et Fréderic Lepinay.
Les journalistes de La Brique (journal d’information locale, de Lille et d’ailleurs) ne sont pas fans du service de communication de la mairie. Les relations avec la mairie restent tendues. Ils préfèrent rencontrer directement les élus en charge de tel ou tel projet.même s’ils n’arrivent pas toujours à les joindre: « nous voulions faire un sujet sur les tags, nous avons essayé de contacter un élu pendant deux mois. Sans succès. C’est toujours la même chose dès qu’on est face à un sujet qui dérange. »
La Brique estime qu’espace réservé à la presse sur internet cache quelque chose. Un moyen de les fidéliser ou de les empêcher d’aller plus loin, de ne pas investiguer.
Cette attitude est contraire à la charte du journal, « Notre but est de faire sortir les élus de leur discours formaté. »
«La mairie de Lille ne doit pas être la première à mettre au point ce genre de service, je reste curieux de savoir de qui elle s’inspire » confie Antonio l’un des journalistes de l’équipe.
Discours isolé ou constat généralisé ?
Fréderic Lepinay, ancien journaliste de la Voix du Nord et fait-diversier, se dit plutôt favorable à un espace réservé à la presse. « Le public copie les grosses entreprises telles que Veolia ou la SNCF qui disposent de ce genre d’espace sur leur site depuis longtemps. » Il déplore cependant l’attitude de la mairie, « pourquoi des dossiers plus fouillés seraient-ils destinés aux journalistes. Les responsables d’association sont les premiers à en avoir besoin. » Fréderic Lepinay estime qu’une information ne doit pas être parcellaire, un site réservé pour mieux isolé
« une presse plus subversive », les propos du responsable de la communication de la mairie de Lille choque. « Une attaque directe à la Brique, c’est antidémocratique. »
Virginie Menvielle.
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31.01.2009
Les fleurs de la révolte
Fort de son implication dans une organisation syndicale, Olivier se mobilise contre les suppressions de postes dans l’Education nationale. Mais il reste persuadé pour gagner le combat, un nouvel élan est nécessaire.

Une passoire orange agrémentée de fleurs jaunes et blanches, accrochée à son menton en galoche, lui sert de chapeau. Olivier, 45 ans, est secrétaire de direction dans un collège de Roubaix et militant FSU (Fédération syndicale unitaire). Ce jeudi 29 janvier, il manifeste contre les suppressions de postes de l’Education nationale. « Je dois fournir le double de travail par rapport à l’époque où j’ai débuté, il y a 25 ans. »
Le manifestant interpelle Nicolas Sarkozy : « et là, tu m’aperçois ? » affiche-t-il sur sa pancarte, en réponse aux propos du président : « quand il y a une grève en France personne ne s’en aperçoit » datant du 5 juillet dernier. Le quadragénaire regrette cependant, le manque d’engagement général. « Aujourd’hui, tout le monde suit le mouvement, bloque le système. Mais ça ne dure qu’une journée, alors que le combat se joue sur la durée. » Olivier essaie donc de se battre au quotidien. En septembre dernier, il a refusé de remplir le questionnaire sur la nationalité des élèves de l’établissement. « Je ne serais pas le Maurice Papon du collège », a-t-il lancé, à l’époque, à la principale de son collège.
Seule solution : un drame ?
Olivier est exaspéré par ce « gouvernement Sheila et Ringo », et estime que « seul un drame pourrait donner une impulsion au mouvement. » Il se souvient des grandes manifestations estudiantines de 1986, contre le gouvernement Pasqua. Malik Oussekine avait trouvé la mort sous les coups de matraque des policiers. Cette tragédie avait poussé le gouvernement à abandonner un projet de loi réformant les universités.
« C’est malheureux à dire, mais pour mettre le président face à ses responsabilités, il faudrait qu’un étudiant reste sur le carreau. »
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